LES LÉGENDES

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Qayait (Kayaks)

Cette histoire raconte comment les Inuit construisaient des kayaks au printemps.

Pendant la belle saison du printemps, les hommes chassaient le phoque afin de récolter les peaux qui serviraient à couvrir leurs qayait [kayaks]. Les femmes s’affairaient à nettoyer et à préparer les peaux afin qu’elles soient prêtes pour la construction des kayaks.

Les phoques étaient utilisés pour bien d’autres choses. Les femmes fabriquaient des poches avec les peaux de phoque afin d’y entreposer de la viande qui serait consommée plus tard. Les hommes faisaient fondre le gras afin de fabriquer du puurtait [huile de phoque] qui était également conservée dans des poches en peaux de phoques.


Artiste : Noah Echalook
Les hommes (ou les femmes) faisaient fondre le gras au dessus d’un feu qui était allumé dans un vieux baril de mazout coupé en deux. Les femmes avaient la responsabilité de ramasser les rameaux de saule qui servaient à alimenter le feu. Le saule était le seul type d’arbre qui pouvait être utilisé, car les Inuit vivent dans des régions où il n’y a pas d’arbres.

Les peaux de phoque utilisées pour la fabrication de kayaks étaient coupées de manière bien particulière. Les phoques étaient suspendus par leurs nageoires frontales et leur nombril et les peaux étaient alors taillées très minutieusement.

Les femmes devaient nettoyer les peaux afin de les épiler, et de faire disparaître la chair et le gras. Pour ce faire, elles faisaient bouillir de l’eau et trem­paient les peaux dans l’eau bouillante. Ce procédé se nommait kiatsijuq. Certaines femmes étaient plus habiles que d’autres pour ce travail. Certaines femmes ne parvenaient pas à bien accomplir ce travail alors que d’autres excellaient à retirer toute la fourrure et le gras sans se brûler avec l’eau bouillante. Les femmes devaient beaucoup gratter afin de faire disparaître tous les poils !

Les jeunes femmes se levaient tôt le matin afin de mâcher le rebord des peaux afin de les préparer pour la couture. Certaines bordures devaient être mâchées en humectant la peau [kinitiq] alors que certaines bordures devaient être mâchées à sec [kiiliq]. Les peaux étaient par la suite cousues ensemble [uigujut]. L’étape suivante consistait à amener les peaux sur le rivage pour les laver. Finalement, le cadre du qayaq était placé à la renverse sur le sol afin d’y placer les peaux qui étaient par la suite cousues au cadre.


Artiste : Leah Qumaluk
Les femmes qui cousaient les peaux de phoque sur un qayaq appuyaient leurs coudes sur des coussins confortables fabriqués en peaux de caribou rembourrés de plumes or de restants de fourrure.

Pendant qu’elles travaillaient, elles mâchaient des morceaux de phoque qui étaient considérés comme des pièces de choix – les nageoires frontales ou les os de la queue.

Lorsque les qayait étaient prêts c’était alors le temps de la pêche à l’omble chevalier. Les Inuit prenaient les poissons avec des filets lancés à proximité du rivage. Les hommes récupéraient les poissons dans leurs filets et les attachaient soigneusement par les branchies à l’avant et à l’arrière du qayaq avec des tarqait [courroies en peau de phoque].

Tout le monde se rassemblait sur le rivage pour l’arrivée des qayait remplis de poissons. Si la journée était calme et sans vent, il y avait alors de nombreux moustiques et tout le monde tentait de les chasser de leur visage avec la main [aqsaitartuq].

Les femmes transportaient les poissons du rivage jusque sur le dessus de la butte afin de les vider et de les nettoyer. La chasse aux moustiques se poursuivait vigoureusement au moment du partage des prises avec les membres de la famille et de la communauté. Les Inuit menaient une belle vie, une vie très joyeuse.

Extrait de l'ouvrage : Unikkaangualaurtaa (Raconte-moi une histoire)

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